08/08/2009

L'invitée du week-end (6).

 

Aujourd'hui, je reçois - pour la 2ème fois dans cette rubrique - Christine pour évoquer le Festival Interceltique de Lorient (Morbihan) dont la Grande Parade avait lieu dimanche dernier.

Pour illustrer le joli papier de Christine, j'y ajoute quelques-unes de mes photos... puisque j'y étais "en vrai".

Vu à la télé ou Comme si j'y étais. 

Je n'aime pas la télé, à quelques exceptions près.  Je n'aime pas, en général, et surtout quand il ne faut « que » regarder, béatement.  J'ai toujours l'impression de perdre mon temps, à ne rien faire.  

J'aime la télé quand elle endosse son rôle d'éducation, d'apprentissage, ou quand elle me fait me rapprocher de sujets qui m'apprendront quelque chose, ou mieux encore quand elle me rapproche en direct de ce que d'autres sont en train de vivre. 

C'est donc cette dernière raison qui m'a fait me brancher sur FR3 dimanche passé pour assister à la grande parade du Festival de musique interceltique à Lorient.  Une partie de ma famille y était « en vrai », et je me suis jointe à eux grâce à cette diffusion en direct.  Etaient-ils là, quelque part, derrière les barrières Nadar installées tout le long du cours Chazel ? 

Moi j'y étais, enfin c'est tout comme, me suis-je dit tout au long de cette diffusion.  « Tout comme » sans doute pas, et peut-être nettement plus.  Car j'ai eu l'avantage des commentaires et explications, alors que toutes les personnes massées le long de ces barrières n'auront eu - me suis-je dit - que l'image.  Moi, en plus j'avais le son des commentaires qui m'en ont appris des tonnes sur cette tradition bretonne qu'est la musique celtique, souvent accompagnée par quelques pas de danse. 

J'en ai appris tellement que le soir, lors du journal de France 2, j'ai pu me moquer gentiment de Marie Drucker qui faisait le bref commentaire du bref reportage de cette fête « au son des cornemuses et bignous ».  Elle ne savait pas, elle, que ce qu'elle mentionnait comme deux instruments n'en sont qu'un.

Moi oui, comme je l'avais appris pendant cette retransmission.  Cela et bien d'autres choses, comme :

Le fait que ceux qui en jouent, peuvent, par manque d'entraînement, se faire un claquage de joues ! 

Que le bignou joue tout le temps, tandis que c'est la bombarde qui mène la danse. 

Que pour jouer de la bombarde, il faut s'entraîner tous les jours, et ce afin de se muscler la bouche, et que cette musculation vaut tous les botox du monde !

Que certaines danses se font chaussés de sabots parce que, dans le temps, c'était une façon de faire du bruit pour éloigner les loups.

Que de la culture bretonne nous connaissons en général « la » coiffe, sans savoir qu'il en existe 250 modèles ! 

C'est sans doute cela qui m'aura le plus interpellée : la culture.  C'est cela qui défilait devant mes yeux, toute la culture d'une région, une culture vieille de quelques siècles, que ce peuple se charge de transmettre de générations en générations.  Une transmission tellement voulue qu'elle en est devenue une mode, une musique au goût du jour, qui séduit toute une jeune génération, comme nous l'expliquait Alan Stivell, qui a largement contribué à cette mise à l'honneur de la musique celtique en la mariant avec le rock. 

« Vivre sa celtitude » se fait tant à Auray, qu'à Vannes bien sûr, chaque ville ou endroit breton ayant son propre « Bagad », mais également hors de Bretagne, comme par exemple tant à Vourdel (Bordeaux en breton... !) qu'à Clichy, banlieue de Paris qui est paraît-il la « plus grande ville bretonne ».

Tous ces noyaux de Bretons qui, où qu'ils aient émigrés auront pris soin de la transmission de cette culture, et de ce fait je verrai même défiler des groupes venus du Brésil ou du Canada.  Ces groupes qui parcourent le monde, parfois jusqu'en Chine, et dont certains, après avoir participé à cette Grande Parade, s'envolaient vers les Açores. 

Cette rubrique interdisant tout sujet politique, je ne développerai pas la frustration que m'a laissée ce spectacle, mais après je me suis surprise à me demander ce que voudrait dire « vivre sa belgitude ». 

Mais oui, je suis Belge, et je ne me soigne pas (encore) !

Merci Christine... et reviens quand tu veux !

 

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hihihihi

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hihihihhihihihihihihihiihi

 

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12/07/2009

Ma rubrique du dimanche (2).

 

Puisque je n'ai pas d'invité ce week-end, je viens une nouvelle fois vous parler d'un roman de Françoise BOURDIN « Rendez-vous à Kerloc'h ».

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J'ai beaucoup aimé ce livre qui évoque la complexité des liens familiaux et tout particulièrement l'affrontement entre Loïc et son père Artus Le Marrec, chef de famille autoritaire et têtu. Quoiqu'il fasse, Loïc se retrouve continuellement face à la rancœur de son père que ce dernier n'arrive pas à dissimuler. Loïc en ignore les raisons et c'est grâce à la rencontre avec Sabine, une jeune femme flic, qu'il parviendra à lever le mystère qui entoure ce conflit. 

Comme d'habitude, je vous propose un extrait du livre en vous situant la scène : la sœur de Loïc s'est réfugiée chez lui alors que l'homme qu'elle aime est parti sans un mot. Ses frères lui ont promis de le rechercher et de le ramener. Artus, leur père donc, vient trouver Loïc pour lui demander des explications :


" Loïc hésita. Connaissant sa sœur, il savait que le scandale allait éclater à la minute où elle rentrerait à la maison. Il avait envie de la protéger malgré elle, d'essuyer la première vague de colère d'Artus, cependant il ne se sentait pas le droit de parler à sa place. Effectivement, elle aurait bientôt quarante ans et était de taille à régler ses affaires elle-même. Sa seule demande était qu'on lui retrouve Elias, pas qu'on se substitue à elle.

- Désolé, murmura-t-il.

- Ah, bien sûr ! s'écria rageusement Artus. Le silence, les cachotteries ! Je vous fais peur ou quoi ?

- Pas à moi.

En l'affirmant, Loïc s'aperçut que c'était faux. Artus l'impressionnait encore, et peut-être davantage depuis qu'ils s'étaient dressés l'un contre l'autre. Il se souvenait trop bien de la douleur infligée par certains mots, il ne voulait pas la subir une deuxième fois.

- Peux-tu au moins me dire à quel moment elle envisage de reprendre ses affaires en main ? Commercialiser du cidre, ce n'est pas s'occuper uniquement de la cueillette des pommes !

- Je sais.

- Non, tu ne sais rien du tout ! Tu nous prends juste pour des paysans et tu te crois très au-dessus de ça !

- S'il te plaît..., murmura Loïc, consterné.

Au prix d'un effort visible, Artus se maîtrisa.

- Oui, excuse-moi. Tu es sur ton lieu de travail. En ce qui me concerne, je respecte le travail des autres, alors je vais te laisser. Je n'aurais pas dû crier. Ni venir, d'ailleurs !

Néanmoins, il l'avait fait, malgré toute sa mauvaise humeur et sa mauvaise foi. Il eut une ébauche de sourire, qui se voulait conciliant et qui toucha Loïc.

- Attends... Puisque tu es venu jusqu'ici, il y a quelque chose que je veux te demander. Te redemander.

Ce n'était sans doute pas le moment, mais y en aurait-il jamais un autre ? Loïc prit une profonde inspiration avant de pouvoir achever :

- Laisse-moi faire cette recherche ADN. Tu n'as rien à perdre et moi non plus.

Le sourire d'Artus s'effaça tandis que son visage reprenait une expression hostile.

- Il n'en est pas question, je ne me prêterai pas à cette mascarade ! Je n'ai pas besoin de tes foutues expériences de laboratoire pour...

- Mais moi, oui ! Je veux une certitude, je veux savoir comment t'appeler quand je suis en face de toi !

- Rassure-toi, ça n'arrivera plus, répliqua Artus, pâle de colère. Toutefois, si l'occasion se présente, j'ai un prénom, tu peux t'en servir. Je ne pensais pas que tu ne supportais plus de dire « papa », mais tu as raison, comme toujours, et c'et bien normal puisque tu es le plus intelligent d'entre nous !

Son cynisme fut insupportable à Loïc, qui se détourna sans répondre. La réconciliation était impossible, ils n'étaient même plus en mesure de se parler calmement, chaque rencontre dégénérait. Artus passa à côté de lui et se dirigea vers la porte.

- Il y a juste un détail que j'aimerais te rappeler, à tout hasard.... Je t'ai élevé, Loïc.

- Elevé à l'écart, non ?

La main sur la poignée, Artus resta immobile quelques instants, puis il hocha la tête et sortit.

 

Comme toujours, j'aime illustrer le livre ou l'extrait choisi par une de mes photos : tout comme Artus dans le roman, mon père avait quatre enfants. Alors, nous voici tous les cinq réunis le 11 décembre 2007. Nous ne savions pas alors que moins d'un an plus tard, il nous aurait quittés.

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06/06/2009

Ma rubrique du dimanche (1).



Vous connaissez déjà la rubrique "L'invité du week-end".

Et le week-end où je n'aurai pas d'invité, comme aujourd'hui, je vous parlerai moi-même d'une chose qui m'a plu.

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique que j'intitule "MA rubrique du dimanche", c'est de lecture que je vous parlerai en évoquant un roman de Françoise BOURDIN que je viens de terminer "Les sirènes de Saint-Malo".

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J'ai découvert cet écrivain depuis peu grâce à ma plus jeune soeur qui m'a cédé une dizaine de ses oeuvres.

 

Et ce livre m'a plu non seulement parce qu'il se passe en Bretagne, qu'il parle de bateaux, de pêcheurs et bien sûr de la mer mais c'est aussi la volonté et la persévérance de Joël, le héros de l'histoire, qui m'ont séduite.

Je vous propose un extrait du livre en vous situant la scène : Joël Carriban, accompagné de son meilleur ami Thierry, vont tenter de secourir un des chalutiers de l'armement Carriban pris dans la tempête, dont tout l'équipage est totalement out suite à une grave intoxication alimentaire, hormis Saad, le cuisinier et Fernando, le jeune mousse complètement choqué :




" Penché sur les instruments électroniques, Thierry était en train de relever leur position lorsqu'un éclair aveuglant illumina toute la timonerie. Le bruit du tonnerre couvrit aussitôt le grondement de la mer autour d'eux. Marc prit Fernando par le bras et l'aida à quitter son siège.
- Allons-y !
Dès qu'ils furent sortis, suivis de Saad, Joël reprit son dialogue avec Kerven.
- C'est en train de se creuser bigrement !
A travers le pare-brise, devant lui, il vit un mur d'eau, haut comme un immeuble, qui fonçait vers eux. La lame déferla sur le chalutier avec une violence inouïe.
- Kerven, je n'ai aucune pratique de ce fer à repasser et la mer grossit trop vite pour moi ! annonça Joël d'une voix crispée.
- Vous ferez mieux que le cuistot, j'en suis sûr ! riposta le capitaine. Vous êtes au combien ?
- Au 76.
- Gouvernez au 80 si vous le pouvez. Mais restez face aux vagues tant que vous n'aurez pas redémarré. Qu'est-ce qu'affiche le radar ?
- Qu'on est seuls au monde ! répondit Thierry. Au moins, on ne risque pas la collision !
- Force du vent ?
- Presque 12.
Kerven donna quelques consignes que Joël essaya d'appliquer au mieux et, brusquement, il se produisit sous leurs pieds une vibration différente.
- Je crois qu'il est parti ! cria Thierry.
- C'est l'auxiliaire, prévint Joël, les yeux rivés sur les cadrans.
Un coup-de-bélier prit le chalutier par le travers, provoquant toute une série de craquements sinistres.
- Merde !
- T'affole pas, murmura Thierry, redresse-le...
Il se parlait à lui-même, cramponné au dossier de Joël, conscient de leur incapacité à comprendre le comportement du bateau.
- On est pile dans le grain, il faut se tirer de là...
La concentration de Joël était si intense qu'il ruisselait de sueur malgré la température plutôt froide qui régnait dans la timonerie. Kerven posait inlassablement des questions précises et donnaient des ordres en conséquence mais il ne pensait pas toujours à simplifier certains termes techniques et Joël s'énervait. Thierry avait posé une main sur son épaule, comme si ce geste pouvait les aider tous les deux à garder leur sang-froid.
- Le bâtiment de la Marine est à deux heures de vous, avertit Kerven.
Il pouvait arriver n'importe quoi en deux heures avec des lames pareilles. Un coup de tonnere les assourdit un instant puis Joël annonça que la visibilité était tombée à moins d'un mille en raison du déluge de pluie qui s'abattait soudain. "



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Pour illustrer l'extrait choisi, une de mes photos prises lors de la tempête du 10 mars 2008 à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan).