06/06/2009

Ma rubrique du dimanche (1).



Vous connaissez déjà la rubrique "L'invité du week-end".

Et le week-end où je n'aurai pas d'invité, comme aujourd'hui, je vous parlerai moi-même d'une chose qui m'a plu.

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique que j'intitule "MA rubrique du dimanche", c'est de lecture que je vous parlerai en évoquant un roman de Françoise BOURDIN que je viens de terminer "Les sirènes de Saint-Malo".

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J'ai découvert cet écrivain depuis peu grâce à ma plus jeune soeur qui m'a cédé une dizaine de ses oeuvres.

 

Et ce livre m'a plu non seulement parce qu'il se passe en Bretagne, qu'il parle de bateaux, de pêcheurs et bien sûr de la mer mais c'est aussi la volonté et la persévérance de Joël, le héros de l'histoire, qui m'ont séduite.

Je vous propose un extrait du livre en vous situant la scène : Joël Carriban, accompagné de son meilleur ami Thierry, vont tenter de secourir un des chalutiers de l'armement Carriban pris dans la tempête, dont tout l'équipage est totalement out suite à une grave intoxication alimentaire, hormis Saad, le cuisinier et Fernando, le jeune mousse complètement choqué :




" Penché sur les instruments électroniques, Thierry était en train de relever leur position lorsqu'un éclair aveuglant illumina toute la timonerie. Le bruit du tonnerre couvrit aussitôt le grondement de la mer autour d'eux. Marc prit Fernando par le bras et l'aida à quitter son siège.
- Allons-y !
Dès qu'ils furent sortis, suivis de Saad, Joël reprit son dialogue avec Kerven.
- C'est en train de se creuser bigrement !
A travers le pare-brise, devant lui, il vit un mur d'eau, haut comme un immeuble, qui fonçait vers eux. La lame déferla sur le chalutier avec une violence inouïe.
- Kerven, je n'ai aucune pratique de ce fer à repasser et la mer grossit trop vite pour moi ! annonça Joël d'une voix crispée.
- Vous ferez mieux que le cuistot, j'en suis sûr ! riposta le capitaine. Vous êtes au combien ?
- Au 76.
- Gouvernez au 80 si vous le pouvez. Mais restez face aux vagues tant que vous n'aurez pas redémarré. Qu'est-ce qu'affiche le radar ?
- Qu'on est seuls au monde ! répondit Thierry. Au moins, on ne risque pas la collision !
- Force du vent ?
- Presque 12.
Kerven donna quelques consignes que Joël essaya d'appliquer au mieux et, brusquement, il se produisit sous leurs pieds une vibration différente.
- Je crois qu'il est parti ! cria Thierry.
- C'est l'auxiliaire, prévint Joël, les yeux rivés sur les cadrans.
Un coup-de-bélier prit le chalutier par le travers, provoquant toute une série de craquements sinistres.
- Merde !
- T'affole pas, murmura Thierry, redresse-le...
Il se parlait à lui-même, cramponné au dossier de Joël, conscient de leur incapacité à comprendre le comportement du bateau.
- On est pile dans le grain, il faut se tirer de là...
La concentration de Joël était si intense qu'il ruisselait de sueur malgré la température plutôt froide qui régnait dans la timonerie. Kerven posait inlassablement des questions précises et donnaient des ordres en conséquence mais il ne pensait pas toujours à simplifier certains termes techniques et Joël s'énervait. Thierry avait posé une main sur son épaule, comme si ce geste pouvait les aider tous les deux à garder leur sang-froid.
- Le bâtiment de la Marine est à deux heures de vous, avertit Kerven.
Il pouvait arriver n'importe quoi en deux heures avec des lames pareilles. Un coup de tonnere les assourdit un instant puis Joël annonça que la visibilité était tombée à moins d'un mille en raison du déluge de pluie qui s'abattait soudain. "



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Pour illustrer l'extrait choisi, une de mes photos prises lors de la tempête du 10 mars 2008 à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan).